Présentation officielle de la démarche de l’OMDMEDALD
Pour l’application effective du 23 mai dans l’ensemble des territoires ultramarins
L’Organisation Mondiale de la Défense des Droits et Mémoires des Esclaves Déportés d’Afrique et Leurs Descendants (OMDMEDALD) mène depuis plusieurs années un travail de veille juridique, mémorielle et institutionnelle afin que les textes votés par la République française trouvent une traduction concrète dans la réalité des territoires les plus directement concernés par l’histoire de l’esclavage colonial.
Cette démarche s’inscrit dans une conviction simple mais fondamentale : une loi de la République n’a de valeur que si elle est effectivement appliquée sur l’ensemble du territoire national.
Or, l’instauration du 23 mai comme Journée nationale en hommage aux victimes de l’esclavage colonial, prévue par la loi du 28 février 2017, révèle une situation paradoxale et préoccupante. Alors même que cette journée a été pensée dans la continuité des mobilisations portées par les descendants d’esclaves, notamment lors des marches historiques de 1998, sa mise en œuvre institutionnelle demeure incomplète, voire inexistante, dans plusieurs collectivités territoriales d’outre-mer.
Cette situation crée une fracture mémorielle là où la loi exige l’unité nationale.
Une démarche fondée sur le droit, la légalité et l’égalité républicaine
L’action engagée par l’OMDMEDALD ne relève ni du militantisme symbolique ni d’une revendication idéologique. Elle repose exclusivement sur :
- le respect de la loi votée par le Parlement ;
- le principe constitutionnel d’égalité devant la loi ;
- l’unité et l’indivisibilité de la République ;
- l’obligation pour l’État d’assurer l’exécution pleine et entière des textes législatifs.
Lorsque le législateur qualifie une journée de nationale, cela signifie qu’elle doit être visible, organisée, honorée, sur l’ensemble du territoire de la République, sans exception géographique.
Le constat posé dans les territoires ultramarins
Dans de nombreuses collectivités ultramarines, il est observé de manière répétée :
- l’absence de cérémonies préfectorales officielles le 23 mai ;
- l’absence de protocole républicain (pavoisement, dépôts de gerbes, message officiel) ;
- l’absence d’inscription dans les agendas administratifs ;
- l’absence de mobilisation structurée de l’Éducation nationale ;
- le transfert de la charge mémorielle vers les seules associations locales.
À l’inverse, des cérémonies officielles sont observées à Paris et dans plusieurs villes de l’Hexagone.
Il en résulte une application géographiquement différenciée d’une journée pourtant qualifiée de nationale par la loi.
Une atteinte à la cohérence de l’État et à la dignité mémorielle
Cette situation ne constitue pas une simple omission protocolaire. Elle produit :
- une rupture d’égalité mémorielle entre citoyens ;
- une incohérence entre la norme juridique et la pratique administrative ;
- un affaiblissement de la crédibilité de la parole publique ;
- un sentiment d’incompréhension dans les territoires directement marqués par cette histoire.
Honorer le 23 mai dans les outre-mer n’est pas une faveur. C’est une obligation légale et morale découlant de la reconnaissance par la République de l’esclavage colonial comme crime contre l’humanité.
Une saisine solennelle remise aux plus hautes autorités de l’État
Dans ce contexte, l’Organisation OMDMEDALD a formellement saisi les plus hautes autorités de la République afin de faire constater cette carence et de demander la mise en œuvre immédiate des mesures réglementaires nécessaires.
Le 20 avril 2026, l’organisation a officiellement remis sa saisine :
- à Emmanuel Macron, Président de la République française ;
- à Sébastien Lecornu, Premier ministre, Chef du Gouvernement.
Cette saisine vise à obtenir :
- une circulaire interministérielle contraignante ;
- des instructions précises aux préfets ;
- l’inscription obligatoire du 23 mai dans les agendas officiels ;
- la mobilisation de l’Éducation nationale ;
- des crédits dédiés à l’organisation des cérémonies ;
- la reconnaissance de la carence passée.
Restaurer l’unité mémorielle de la Nation
Le 23 mai n’est pas une date accessoire. Il constitue un pilier de la mémoire nationale contemporaine. Le rendre visible dans les territoires ultramarins, c’est :
- rétablir l’égalité devant la loi ;
- affirmer la présence de l’État là où l’histoire a laissé des blessures profondes ;
- transmettre aux jeunes générations une mémoire assumée ;
- renforcer le lien républicain entre l’État et ses territoires.
Une exigence simple : l’application pleine et entière de la loi
La démarche de l’Organisation OMDMEDALD repose sur une demande claire :
Que la loi soit appliquée partout où la République est présente.
Aucune réforme législative n’est nécessaire. Seule une volonté administrative affirmée est requise.
Parce qu’une journée nationale ne peut exister partiellement.
Parce que la mémoire nationale ne peut être fragmentée.
Parce que l’égalité républicaine exige une application uniforme de la loi.
L’OMDMEDALD continuera, par le droit, par l’argumentation juridique et par la voie institutionnelle, à veiller à ce que la mémoire des victimes de l’esclavage colonial soit honorée avec la dignité, la solennité et l’universalité que la République elle-même a reconnues.
OMDMEDALD — Pour l’effectivité réelle de la mémoire du 23 mai dans tous les territoires de la République
Par l’Organisation Mondiale de la Défense des Droits et Mémoires des Esclaves Déportés d’Afrique et Leurs Descendants (OMDMEDALD)
La mémoire nationale ne peut être à géométrie variable. Lorsqu’une loi de la République qualifie une date de journée nationale, son application doit être uniforme, visible et effective sur l’ensemble du territoire, sans distinction entre l’Hexagone et les outre-mer. C’est précisément l’enjeu du 23 mai, journée nationale en hommage aux victimes de l’esclavage colonial, instituée par l’article 28 de la Loi n° 2017-256 du 28 février 2017, dans le prolongement de la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité par la Loi n° 2001-434 du 21 mai 2001.
Pourtant, dans de nombreuses collectivités ultramarines (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte)il est constaté, année après année, l’absence de protocole républicain complet le 23 mai : pas de pavoisement systématique, pas de cérémonie préfectorale structurée, pas de message gouvernemental lu publiquement, peu ou pas de mobilisation coordonnée de l’Éducation nationale. À l’inverse, des cérémonies officielles sont régulièrement observées à Paris et dans certaines villes de l’Hexagone.
Cette disparité territoriale interroge la cohérence de l’action publique et pose une question de fond : comment une journée qualifiée de “nationale” par le législateur peut-elle ne pas être appliquée de manière nationale ?
Un cadre légal clair, une obligation positive de l’État
L’article 28 de la loi du 28 février 2017 ne laisse place à aucune ambiguïté : le 23 mai est une journée nationale. Cette qualification emporte une obligation positive pour l’État : organiser, coordonner et rendre visible la commémoration sur l’ensemble du territoire. Il ne s’agit ni d’un vœu symbolique, ni d’une orientation facultative, mais d’une norme impérative.
Cette exigence s’inscrit dans la continuité d’un édifice juridique mémoriel commencé avec la loi du 21 mai 2001. La République y reconnaît un crime contre l’humanité ; elle doit, en cohérence, honorer publiquement la mémoire des victimes, partout où la République est présente.
Une mémoire transférée aux associations locales
Dans les faits, la charge mémorielle repose trop souvent sur les seules associations, collectifs citoyens et acteurs culturels locaux. Ils organisent, expliquent, transmettent — parfois sans soutien logistique ni présence institutionnelle forte. Cette situation crée une inégalité mémorielle entre territoires et une forme de désengagement silencieux de l’État là où cette mémoire est pourtant la plus vive.
La mémoire nationale ne peut dépendre du volontarisme associatif. Elle relève d’abord de la responsabilité régalienne.
Le rôle attendu de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage
Créée pour impulser, coordonner et promouvoir la politique mémorielle, la Fondation doit être un moteur auprès des pouvoirs publics. Elle ne peut se limiter à des actions symboliques ou ponctuelles. Son rôle est d’assurer que la mémoire soit respectée dans tous les territoires, et particulièrement dans ceux directement marqués par l’histoire de l’esclavage colonial.
OMDMEDALD constate que cette mission nécessite aujourd’hui une impulsion plus forte, une coordination plus exigeante avec les services de l’État et une attention prioritaire aux réalités ultramarines.
Les outre-mer : partie intégrante de la République, titulaires des mêmes droits
Les collectivités ultramarines ne sont pas périphériques : elles sont constitutives de la République. À ce titre, leurs habitants bénéficient des mêmes droits civiques, sociaux, culturels et mémoriels. La Charte sociale européenne, qui complète la Convention européenne des droits de l’homme, rappelle l’exigence d’égalité réelle dans l’accès aux droits sociaux et culturels sur l’ensemble des territoires relevant d’un État.
La reconnaissance de ces droits implique que la mémoire, en tant que droit culturel collectif, soit honorée de manière équitable.
Une saisine solennelle des plus hautes autorités de l’État
Face à cette situation, OMDMEDALD a engagé une saisine administrative solennelle adressée au Président de la République et au Premier ministre afin de faire constater la carence dans l’application effective du 23 mai dans plusieurs territoires ultramarins, et de demander des mesures concrètes :
- Une circulaire interministérielle contraignante avant chaque 23 mai ;
- L’obligation pour les préfets d’organiser une cérémonie officielle complète ;
- Le pavoisement des bâtiments publics ;
- La lecture d’un message gouvernemental ;
- L’intégration de cette journée dans les établissements scolaires ;
- L’inscription obligatoire dans les agendas préfectoraux ;
- L’allocation de crédits budgétaires dédiés ;
- La reconnaissance écrite de la carence passée.
Pour une mémoire réellement nationale
Le 23 mai ne doit pas être une date symbolique sur le papier. Il doit devenir un rendez-vous républicain visible, solennel et partagé, particulièrement dans les territoires qui portent encore les traces sociales, culturelles et familiales de cette histoire.
OMDMEDALD appelle à une prise de conscience institutionnelle : honorer la mémoire des victimes de l’esclavage colonial n’est pas une option, c’est une obligation légale, morale et républicaine.
Parce que la mémoire nationale ne se divise pas. Parce que l’égalité républicaine ne se fragmente pas. Parce que les outre-mer sont la République.
Complément d’argumentation et de développement
Au-delà du strict constat matériel, la question du 23 mai révèle une problématique plus profonde : celle de la cohérence entre la norme juridique proclamée et la réalité administrative observée. Lorsqu’une loi qualifie une journée de nationale, l’administration ne dispose d’aucune marge d’appréciation territoriale. L’uniformité d’application n’est pas une faculté, mais une conséquence directe du principe d’égalité devant la loi.
Cette exigence trouve son fondement dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, dont l’article 6 pose que la loi « doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse ». En matière mémorielle, cela signifie que la protection symbolique accordée par la loi aux victimes de l’esclavage colonial doit bénéficier à tous les territoires de manière identique.
Or, la pratique actuelle produit un effet inverse : une différenciation géographique de la mémoire nationale. Cette situation est d’autant plus paradoxale que les territoires ultramarins sont précisément ceux où l’histoire de l’esclavage colonial a laissé les traces les plus profondes dans les structures sociales, culturelles et familiales.
Il en résulte une forme de rupture d’égalité mémorielle, où les territoires les plus directement concernés sont ceux où la présence institutionnelle est la moins visible le 23 mai.
Une obligation qui relève du fonctionnement normal de l’État
L’organisation d’une cérémonie préfectorale, le pavoisement, la lecture d’un message officiel, l’inscription dans les agendas administratifs et scolaires ne constituent pas des mesures exceptionnelles. Ce sont des actes ordinaires du fonctionnement de l’État lorsqu’une journée nationale est instituée.
À titre de comparaison, les autres journées nationales commémoratives font l’objet de circulaires précises, de protocoles établis et d’une application homogène sur tout le territoire. L’absence d’un dispositif équivalent pour le 23 mai ne peut être interprétée que comme une défaillance administrative persistante.
La portée éducative et civique du 23 mai
L’enjeu du 23 mai dépasse la seule cérémonie. Il concerne la transmission aux jeunes générations, la pédagogie républicaine et la compréhension de l’histoire commune. L’absence de mobilisation systématique de l’Éducation nationale dans certains territoires prive les élèves d’un moment structurant de réflexion civique.
Honorer cette journée, c’est aussi rappeler que la République reconnaît ses fautes passées et inscrit cette reconnaissance dans une démarche éducative tournée vers l’avenir.
Une question de dignité républicaine
Ne pas rendre visible la journée nationale du 23 mai dans les territoires ultramarins revient, pour leurs habitants, à constater que la mémoire de leurs ancêtres ne bénéficie pas de la même solennité publique que d’autres pages de l’histoire nationale. Cette perception nourrit un sentiment d’incompréhension et d’injustice qui fragilise le lien de confiance avec l’État.
La dignité républicaine impose que la mémoire des victimes de l’esclavage colonial soit honorée avec la même rigueur protocolaire que toute autre commémoration nationale.
Pour une harmonisation immédiate par voie réglementaire
La solution ne nécessite aucune modification législative. Elle relève exclusivement de la compétence réglementaire du Gouvernement : circulaires, instructions aux préfets, coordination interministérielle, crédits dédiés.
Autrement dit, tout peut être mis en œuvre rapidement, si la volonté administrative est clairement affirmée au plus haut niveau de l’État.
Une exigence d’égalité, de cohérence et de respect de la loi
Ce qui est demandé n’est ni symbolique, ni militant. Il s’agit simplement de l’application normale d’une loi de la République sur l’ensemble de son territoire.
Faire du 23 mai une réalité visible dans les outre-mer, c’est :
- rétablir l’égalité devant la loi ;
- restaurer la cohérence de l’action publique ;
- honorer la mémoire avec la dignité qu’impose la reconnaissance d’un crime contre l’humanité ;
- renforcer le lien républicain entre l’État et les territoires ultramarins.
Parce qu’une journée nationale ne peut exister à moitié. Parce que la mémoire nationale ne peut être partielle. Parce que l’égalité républicaine exige une application pleine et entière de la loi, partout où la République est présente.

23 MAI : L’OMDMEDALD SAISIT LES PLUS HAUTES AUTORITÉS DE L’ÉTAT POUR CARENCE D’APPLICATION DE LA LOI DANS LES OUTRE-MER
OMDMEDALD – MISE EN DEMEURE – PREMIER MINISTRE CHEF DU GOUVERNEMENT 30 -04 -2026
OMDMEDALD – MISE EN DEMEURE – RÉPUBLIQUE FRANÇAISE 30 -04 -2026
Conclusion générale
Au terme de cette démonstration, il apparaît avec clarté que la question du 23 mai ne relève ni d’un débat symbolique, ni d’une revendication accessoire, mais bien d’un enjeu fondamental de légalité républicaine. Lorsqu’une loi de la République institue une journée nationale, l’État a l’obligation positive d’en assurer l’existence concrète sur l’ensemble du territoire, sans distinction géographique.
L’absence de mise en œuvre effective dans plusieurs territoires ultramarins ne constitue pas une simple négligence protocolaire : elle révèle une carence administrative caractérisée, produisant une inégalité de traitement entre citoyens pourtant soumis à la même loi. Cette situation affaiblit la portée normative du texte voté par le Parlement et altère la crédibilité de la parole publique.
Le 23 mai porte une signification particulière. Il ne s’agit pas uniquement de commémorer l’abolition de l’esclavage, mais d’honorer la mémoire des femmes, des hommes et des enfants qui en furent victimes. En ce sens, cette journée engage la dignité même de la République, qui a reconnu l’esclavage colonial comme un crime contre l’humanité et qui s’est engagée à en préserver la mémoire.
Ne pas donner à cette journée la visibilité qu’elle exige dans les territoires les plus directement marqués par cette histoire revient à créer une dissonance mémorielle profondément incomprise par les populations concernées. Cette dissonance nourrit un sentiment d’abandon institutionnel là où l’État devrait au contraire affirmer sa présence avec solennité.
Pourtant, la solution est simple. Elle ne nécessite ni réforme législative, ni dispositif complexe. Elle repose uniquement sur l’exercice normal du pouvoir réglementaire, sur des instructions claires, sur une coordination administrative cohérente et sur la volonté d’appliquer pleinement la loi telle qu’elle a été votée.
Faire vivre réellement le 23 mai dans tous les territoires ultramarins, c’est :
- rétablir l’égalité devant la loi ;
- assurer l’unité mémorielle de la Nation ;
- honorer la dignité des victimes ;
- renforcer la confiance entre l’État et ses citoyens ;
- affirmer que la République n’oublie aucune part de son histoire, ni aucun de ses territoires.
Une journée nationale ne peut être théorique. Elle doit être visible, vécue, partagée. Partout où la République est présente, la mémoire qu’elle reconnaît doit être honorée avec la même rigueur, la même solennité et le même respect.


